Quand la DGSI est utilisée pour faire taire les journalistes

La liste des journalistes convoqués à la DGSI s’allonge, face à ces convocations le SNJ-CGT a dénoncé un “nouveau coup de canif insupportable contre le journalisme et la liberté d’informer” tandis que la CFDT-journalistes dénonce “une procédure dont le but inavoué est de faire taire les journalistes dans l’exercice de leur mission d’informer”.

6 journalistes déjà entendus par la DGSI

Valentine Oberti, avait été convoquée le 15 février dans les locaux de la DGSI pour “compromission du secret de la défense nationale”. “Cela a duré moins d’une heure car j’ai décidé de ne répondre à aucune question”, un journaliste ne dévoile jamais ses sources, c’est le fondement de notre métier garanti par la loi. 

Valentine Obert, journaliste pour Quotidien enquêtait sur les ventes d’armes françaises à l’Arabie-Saoudite et aux Emirats Arabes Unis, c’est en raison de cette enquête journalistique qu’elle était convoquée. Son ingénieur son a lui aussi été entendu le 11 avril dernier, tandis que sa JRI (journaliste reporter d’images) avait été interrogée le 15.

Toujours pour “compromission du secret de la défense nationale”, ce sont un journaliste de Franceinfo et deux journalistes du site Disclose avaient également été convoqués les 14 et 15 mai après avoir enquêter sur l’utilisation des armes françaises au Yemen. Une quatrième convocation doit avoir lieu le 28 mai prochain a précisé le site Disclose qui dénonce “une nouvelle tentative du parquet de Paris de contourner la loi de 1881 sur la liberté de la presse et la protection des sources”. 

Affaire Benalla, une journaliste du Monde également convoquée

Une autre journaliste a été convoquée alors qu’elle ne travaillait pas sur le dossier des ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis.

Il s’agit d’Ariane Chemin, Grand reporter au journal Le Monde, si son nom ne vous dit rien, vous avez très certainement lu ses écrits. C’est elle qui avait révélé l’Affaire Benalla le 18 juillet dernier, et c’est d’ailleurs pour des articles sur l’affaire Benalla qu’elle est convoquée le 29 mai prochain par la DGSI.

Les faits portent notamment sur des “informations sur le profil d’un sous officier de l’armée de l’air, compagnon de l’ex-cheffe de la sécurité du premier ministre”, tous deux impliqués dans l’affaire Benalla, selon la rédaction du Monde

Cette énième convocation a provoqué la colère de la profession, certains ont appelé à se rendre devant les locaux de la DGSI lors des prochaines auditions prévues.