L’idée d’un «printemps jaune» éclot à Saint-Nazaire

Pour remobiliser des troupes parfois épuisées par près de cinq mois de mobilisation, le principe d’une «semaine jaune » a été adopté. Après trois jours de réflexion, cette deuxième AG des AG a voulu inscrire le mouvement des « gilets jaunes » dans la durée. 

Deux mois après le succès de l’AG de Commercy, qui a initié ces rendez-vous nationaux rassemblant les délégations de toute la France, le nombre de délégations présentes a plus que triplé. « On a dû refuser du monde », se félicite l’un des organisateurs de Saint-Nazaire.

Un véritable marathon  fait d’ateliers et de plénières, qui s’est déroulé ces trois jours, sans accroc, notamment grâce à une organisation sans faille. Ces trois jours étaient réglés comme du papier à musique.

« L’enjeu principal de ce week-end, c’est de rassembler l’extraordinaire diversité dont tous les délégués sont porteurs, affirme Ludovic Arnaud. Il faudra voir ce qui fait l’unanimité entre nous, ce qu’il faudra exprimer de manière forte et aussi tout ce qui fait débat entre nous et qui devra faire l’objet de nouvelles discussions dans les assemblées locales. »

Vers un mouvement durable

Si les violences policières en ont découragé ou effrayé beaucoup, les plus déterminés sont toujours présents, mais néanmoins, après bientôt cinq mois de mobilisation intensive, il faut remobiliser les troupes et construire le mouvement dans la durée.

Un symbole de cette volonté d’inscrire le mouvement dans le temps : les délégués ont approuvé l’idée de passer des cabanes éphémères aux Maisons du peuple, en dur, un peu partout sur l’ensemble du territoire. Certains réfléchissent à l’achat de terrain en commun ou aux possibilités de location de locaux.

Au cours d’ateliers, généralement fermés à la presse, sont évoquées des pistes pour continuer à communiquer en direction d’un large public. « Le mouvement des gilets jaunes est un mouvement inclusif qui doit s’articuler avec des luttes locales et travailler avec des associations », lance un participant.

L’idée d’aller bloquer Carrefour qui mène un vaste plan de licenciements est aussi évoquée, même si ce type d’action a déjà eu lieu dans certaines régions au niveau local. La mise en place d’actions concrètes comme les jardins partagés ou les marchés citoyens pour court-circuiter la grande distribution ont également été évoquées.

Au moment d’arrêter les revendications, lors de la plénière de dimanche, « l’arrêt de la casse sociale et écologique», la nécessité de « pouvoir vivre dignement avec ou sans travail » ou la justice fiscale avec une TVA à 0 % pour les produits de première nécessité et de 30 % pour les produits de luxe, ne font pas débat. Des propositions de bon sens, que tous approuvent. L’idée de “re-nationaliser” les autoroutes et les aéroports est aussi évoquée tout comme la nationalisation des banques.

Une formulation est finalement adoptée après débats consistant à écrire que pour tous les changements espérés « il sera nécessaire de sortir du capitalisme ».

Une Charte constitutive

Au bout du compte, l’assemblée décide d’inscrire la mention « d’indépendance vis-à-vis des partis politiques et des organisations syndicales » à cette charte constitutive de « l’AG des AG », en cours d’élaboration.

Les échanges autour de la création « d’une plateforme numérique nationale, sécurisée et destinée à regrouper l’ensemble des réflexions et propositions locales à destination de l’AG des AG » font davantage consensus. Comme celle de « refuser que cette assemblée ne serve de tremplin médiatique et politique à des leaders autoproclamés ».

Stratégie et actions

Les débats ont été passionnés quant aux actions et stratégies a adopter.  

« Pour durer, il nous a semblé intéressant de réfléchir à des actions à court et long terme. Dans un premier temps, nous vous proposons trois semaines pour mobiliser, remobiliser et converger. Trois semaines pour faire masse et établir un réel rapport de force. Au choix de chaque assemblée locale qui connaît son territoire mieux que nous, précise la jeune femme. Cela peut aussi bien se faire grâce à des opérations de tractage, de rencontres citoyennes ou à l’occasion de moments festifs. »

Trois semaines de re-mobilisation dont l’objectif principal est l’organisation d’« une semaine jaune »

« Il y a un an, Emmanuel Macron invitait des start-uppers franciliens à “penser printemps”, rappel une déléguée. Eh bien, nous, pour les deux ans de son accession à l’Élysée, du 1er au 4 mai, nous allons lui offrir un “printemps jaune” ! » Le point de départ d’un calendrier d’actions qui s’étendra jusqu’à l’automne. « Même si nous n’allons pas valider, ici, toutes ces dates, sachez que nous envisageons sérieusement une action d’envergure à l’occasion de la tenue du G7, les 4 et 5 mai, à Biarritz. »

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