“J’veux du soleil”: Un nouveau souffle pour les Gilets Jaunes?

Depuis le 17 novembre, la France est secouée par un gigantesque mouvement social qu’au fond, peu de commentateurs semblent vraiment comprendre, et pour cause, ils ont déserté le terrain depuis longtemps déjà.

Jacquerie ? Insurrection ? Révolution ? Montée des extrêmes ? Combat social ? Tout les termes sont bons pour qualifier le mouvement social, sur chaque plateau télé, chaque commentateur y va de son qualificatif sans réellement savoir de quoi il s’agit et sans même prendre la peine d’aller rencontrer ces Français sur les ronds-points.

François Ruffin et Gilles Perret ont décidé de donner la parole à ces Gilets Jaunes pour savoir qui ils sont à travers un “road movie” bouleversant de simplicité et d’humanité.

A Laon, où le film était projeté ce mardi soir sous forme de ciné-débat, ce ne sont pas moins de 200 personnes qui étaient présentes selon les organisateurs de l’événement qui s’est déroulé avec Antoine et Vincent, journalistes au journal Fakir .

La réalité du terrain

Ce qui apparaît en premier lieu dans le film “J’veux du soleil”, c’est le profond décalage entre la situation telle qu’elle est présentée officiellement et la réalité du terrain. Avec un montage un peu “à l’arrache” et plutôt didactique, F. Ruffin et G. Perret ne s’embarrassent pas de subtilité en faisant se rencontrer les images violentes des médias dominants, les interventions alarmistes d’Emmanuel Macron et de ses fidèles, et les visages épuisés mais souriants des manifestants.

Les réactions sont vives dans la salle à chaque apparition du Président de la République ou de son Ministre de l’Intérieur, et pour cause, les laonnois sont nombreux à se déplacer chaque samedi pour manifester à Paris. 

Les lacrymogènes, les tirs de LBD, les grenades et coups de matraque n’ont plus de secret pour eux, pourtant, ils sont pour la plupart des salariés sans histoires, des pères et des mères de familles sans histoire qui n’avaient jamais manifester avant le début du mouvement des Gilets Jaunes.

La seule évocation du nom “Macron” réveille la colère chez eux, alors que le mouvement est entré dans son sixième mois de mobilisation, malgré les blessés, les gardes à vue, les disputes avec leurs proches “non gilets jaunes”, tous restent debout et combatifs.

Les moutons sont devenus des loups, et les loups ont faim. 

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