Grand Débat: La grande débâcle!

Craignant que les retombées effectives du grand débat national ne déçoivent les Français et ne réinjectent une dose d’amertume aux gilets jaunes, le gouvernement s’emploie, comme Edouard Philippe le 5 février dernier, à caresser d’éventuels espoirs trop fous.

Espérer, mais pas trop quand même!

Au cas où les Français attendraient trop du grand débat national en ligne, qui se trouve dans sa dernière ligne droite avant clôture le 15 mars, le gouvernement se charge déjà de dégonfler la baudruche. Le 5 février dernier, lors d’une réunion du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale, le Premier ministre, Edouard Philippe, a ainsi mis en garde les députés, selon des propos rapportés par plusieurs journalistes présents : “Le risque de déception est important”. Et le chef du gouvernement de donner cette consigne : “Il faut préparer nos concitoyens à ce que les propositions à la sortie ne soient pas les réponses à toutes les remontées des débats”.

Message reçu cinq sur cinq par Brune Poirson. Dès le lendemain sur LCI, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique s’était employée à préparer le terrain pour l’issue du grand débat : “Il va falloir atterrir sur un consensus, certaines personnes n’y trouveront pas leur compte mais c’est la loi de la majorité, on est dans une démocratie”


Avant d’ajouter et de souligner que la marge de manœuvre du gouvernement est réduite : “De toute façon, on n’a pas de baguette magique, ni ce gouvernement, ni les précédents, ni ceux d’après. Il y a des réalités : nous sommes dans un contexte européen, dans un contexte international, dans un contexte budgétaire donné. Bref, il y a un cadre à respecter et nous ne changerons pas tout du jour au lendemain, sinon, on l’aurait fait depuis longtemps, le plein emploi en France en payant moins d’impôts”.


PREMIÈRE RESTITUTION MI-AVRIL


La co-animatrice du grand débat national, Emmanuelle Wargon, affichait également une grande prudence quant à ses futures retombées. Cette autre secrétaire d’Etat, placée sous la tutelle de François de Rugy, a en effet souligné qu’il ne fallait pas s’attendre à des miracles. “Il est peu probable que l’on règle tous les sujets que les Français ont mis sur la table, sur lesquels ils nous attendent, par quelques mesures immédiates”, a averti l’ancienne cadre de Danone, qui espère une première restitution des débats pour la mi-avril.


Malgré ces réserves, le gouvernement continue de marteler que son grand débat est une réussite. “C’est vraiment un succès et une mobilisation intéressante”, s’est ainsi félicitée Emmanuelle Wargon. “Ce qui est important c’est de voir la méthode avec laquelle nous avons travaillé. Ce grand débat est un succès. On nous l’annonçait comme un échec”, a abondé Brune Poirson.

Une réalité Triste à pleurer

Sept Français sur dix (70%, +4) pensent que le “Grand Débat” ne permettra pas de sortir de la crise, selon un sondage Elabe. A deux jours de la fin de la consultation, pour 63% (+4) des personnes interrogées Emmanuel Macron ne tiendra pas compte des contributions des Français.


A l’issue de deux mois de consultations tous azimuts, l’exécutif se donne jusqu’à la mi-avril pour décider ce qu’il compte faire des très nombreuses propositions nées du grand débat, avec des “choix” qui s’annoncent “difficiles” selon Edouard Philippe.

La grande débâcle

En attendant la synthèse officielle prévue pour avril, regardons de plus près les quelques 334000 propositions données entre le 22 janvier et le 2 mars. L’analyse de ces contributions, à différencier du « questionnaire rapide » (dont les résultats ne sont pas encore disponibles), permet de dégager plusieurs grandes tendances.

Un chiffre tout d’abord. Environ 160 000 internautes ont répondu à un ou plusieurs des quatre formulaires, mélangeant questions ouvertes et fermées.

160 000 personnes cela représente 0,35% de l’électorat. Ces 160 000 personnes qui ont participé au Grand Débat National sur internet, sont essentiellement des électeurs d’Emmanuel Macron. La République En Marche a très largement mobilisé ses troupes pour l’occasion et ne s’en ai pas caché. Dans ce cas, où sont les milliers (dizaines? centaines de milliers?) de Gilets Jaunes dans ce débat?

Il n’y ont tout simplement pas participé, car ils ont compris que rien n’en ressortirait, qu’il ne s’agissait que d’une solution à un seul problème, le problème d’Emmanuel Macron, celui de gagner du temps avant les élections européennes. 

La preuve en est, les réformes de l’assurance chômage et des retraites sont elles aussi reportées après les élections européennes, de préférence durant la période estivale a grand renfort de décrets présidentiels pour ne pas avoir à s’embarrasser des assemblées parlementaires.

Le “Grand Débat” ne restera dans la mémoire collective que comme une campagne électorale de propagande sur les frais du contribuable, qui lui, dans la rue, débat sous les gaz lacrymogènes et les matraques…

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