France: Dans la spirale de l’autoritarisme

Museler la parole, contraindre les libertés et imposer une vision unique de ce que devrait être le pays, le gouvernement français s’enferme dans une spirale autoritaire.

La presse, après avoir subit les violences policières durant les manifestations, (115 journalistes victimes de violences policières durant le seul mouvement des Gilets Jaunes), se retrouve intimidée par des convocations et garde à vue abusives. La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndaye allant même jusque porter la confusion en faisant croire que le journaliste est un justiciable comme les autres, en droit commun oui, mais pas dans le cadre de la protection de ses sources! Des atteintes à la liberté de la presse qu’Amnesty International dénonce avec force.

Le droit de grève est menacé, syndicalistes et militants étant traités dorénavant comme des criminels. La répression policière et judiciaire a fait ses preuves durant le mouvement des Gilets Jaunes. La liberté d’expression tout comme la liberté de manifester s’éteint lentement sous la bannière de l’autoritarisme, sous couvert d’ordre public.

Bilan morbide, assumé, mais pas trop…

19 071 tirs de LBD durant le mouvement des Gilets Jaunes, 2 448 blessés parmi les manifestants, journalistes ou simples passants. Pour autant le gouvernement assume comme le déclarait le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Laurant Nunez le 2 juin dernier, “Nous n’avons pas de regret sur la façon dont nous avons mené l’ordre public.”. 

Le gouvernement assume donc, mais pas trop, interdiction d’évoquer le terme de “violences policières” même si ce mouvement des Gilets Jaunes enregistre de sombres records.

  • 860 signalements pour violences policières effectués par le documentariste David Dufresne.
  • 1 décès
  • 315 blessures à la tête
  • 24 éborgnés
  • 5 mains arrachées

Aux violences policières s’ajoutent celles de la Justice, là encore l’appareil judiciaire a été mobilisé au quotidien pour faire taire ce peuple en colère. 

Étouffer l’incendie par la peur, voilà comment museler les “séditieux”.

La propagande en marche

Si les réseaux sociaux sont parfois, (trop souvent), un défouloir où certains déversent leur haine sous couvert d’anonymat, il est un mouvement politique qui en a fait une habitude, une méthode.

Le journaliste Samuel Laurent, du service Les Décodeurs au journal Le Monde en a fait les frais, loin d’être le seul, il dénonce ces méthodes dignes des pires extrêmes dans un article du Monde intitulé “Anonymat, représailles ciblées et faux comptes : comment des macronistes se sont radicalisés en ligne”

“Groupes privés, partages industrialisés, « cibles » désignées à la « riposte » collective, comptes anonymes démultipliés, faux profils, violence des propos… Depuis l’été 2018 et l’affaire Benalla, certains « marcheurs » qui peuplent les réseaux sociaux ont changé d’attitude : loin de la « bienveillance » préconisée par le chef de l’Etat pendant la campagne présidentielle, une partie de la Macronie numérique s’est durcie et convertie à des méthodes jusqu’alors pratiquées par d’autres acteurs du champ politique, notamment aux extrêmes.”

Et Samuel Laurent sait de quoi il en retourne, car il a lui-même fait l’objet de menaces sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à le contraindre à fermer temporairement son compte Twitter récemment.

Ces marcheurs qui prennent pour cible des opposants, journalistes, ou simplement des personnes qui ne voient pas les choses comme eux, pratiquent la diffamation, la menace, l’intimidation et le harcèlement, bien loin du visage que La République En Marche donne face au reste du monde.

Ces cellules de riposte sur les réseaux sociaux multiplient les faux comptes, les fausses identités et les attaques “en meute”, dans le seul but de faire taire leurs détracteurs.

Un projet funeste pour la République

le SNU, service national universel, sous couvert de séminaire républicain sur la citoyenneté et l’engagement, il s’agit bien d’un mouvement politique de jeunesse qui se met en place sous nos yeux : uniforme, cérémonies, discours martial et mission de sécurité proposés à des jeunes volontaires dans un premier temps, appelés « pionniers de la République » par Sibeth Ndaye, puis service obligatoire pour toute une jeunesse. 

C’est sur les bancs de l’école publique, dans l’exercice de ses libertés et de ses devoirs citoyens que se vit la République. Il suffit de se rendre dans un des lieux de la République pour constater leur état critique de délabrement et leur manque de moyens: commissariats, centres des impôts, écoles, hôpitaux, mairies. Plutôt que de dépenser notre argent en uniforme et en camps de jeunesses inspirés des jeunesses hitlériennes, il serait temps de se battre pour nos biens les plus précieux. 

La spirale de l’autoritarisme

Chaque Etat qui a sombré en dictature, a subit les mêmes changements, restriction des libertés individuelles et collectives, Répression, entrave aux libertés de la presse et à la liberté d’informer, et militarisation de l’Etat.

Aujourd’hui, la France entre dans cette spirale mortifère en muselant son peuple, en mutilant des manifestants, en entravant quotidiennement la liberté de la presse et en militarisant sa jeunesse. 

A la veille de la fête nationale du 14 juillet, la colère populaire demeure intacte depuis le 17 novembre dernier, après 8 mois de mobilisation. Une date clef, avant ce qui sera certainement “l’an 2” de la contestation dès la rentrée prochaine.

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