Comme un vent de révolte chez les policiers

Dans une interview exclusive au Parisien – Aujourd’hui en France, le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, dresse le bilan judiciaire des six mois de mobilisation des Gilets jaunes. Concernant les Gilets jaunes blessés:  «Des policiers seront renvoyés en correctionnelle»

La police n’a que peu appréciée d’être “livrée en pâture” pour avoir appliqué les ordres de leur hiérarchie.

Le syndicat France Police – Policiers en colère pointe les “donneurs d’ordres”

“Aujourd’hui, le régime politique est sauvé. La Macronie n’a plus besoin de ses larbins pour se protéger du peuple en colère. On peut donc livrer en pâture aux chiens quelques soldats pour faire oublier ce qui s’est passé et pourquoi ça s’est passé”

Dans un communiqué lapidaire, le syndicat France Police – Policiers en colère a attaqué frontalement l’Exécutif suite aux déclarations du procureur de la République de Paris.

“Pendant que nos collègues vont passer au trapèze, les donneurs d’ordres, eux, ne sont toujours pas inquiétés par la justice et coulent des jours heureux sous les ors des palais de la République.

Macron, Philippe, Castaner et Nunez sont les cerveaux et les donneurs d’ordres de la terrible répression mise en place dès le 17 novembre pour écraser le mouvement des Gilets jaunes et éviter ainsi d’apporter une réponse politique à la crise.

Alors que les syndicats de police Alliance, Unité SGP Police FO et Unsa-police appelaient à toujours plus de répression, France Police – Policiers en colère a été le seul syndicat de police à dénoncer la stratégie du maintien de l’ordre, pressentant le risque juridique pour nos collègues.”

Des policiers qui avaient déjà tiré la sonnette d’alarme

Le syndicat France Police – Policiers en colère avait déjà remis en cause les “donneurs d’ordres”, et ce, à de très nombreuses reprises, dénonçant également la répression inédite à l’encontre des Gilets Jaunes. Les membres du syndicat n’hésite d’ailleurs pas à reprendre le fameux “On ne lache rien” des Gilets Jaunes dans leur communiqué afin de rappeler de quel côté eux se placent.

Le syndicat France Police – Policiers en colère a été souvent critiqué en interne pour ses positions durant la crise des Gilets jaunes. Les faits aujourd’hui nous donnent malheureusement raison. Pour avoir appliqué les ordres, nos collègues vont se faire lyncher, non pas sur l’autel de la raison d’Etat, mais bien immoler sur le bûcher des intérêts politiques particuliers de quelques-uns.

Notre organisation syndicale étudie toutes les voies de recours légales pour faire traduire les véritables responsables de ce fiasco démocratique, qui dure maintenant depuis plus de six mois, devant les autorités judiciaires compétentes.

Dès lors qu’un policier sera condamné, il faut que ceux qui ont encouragé ces violences présumées soient également poursuivis, jugés et condamnés. Nous ne lâcherons rien.

Force et honneur.

Le syndicat VIGI va plus loin!

Le syndicat VIGI qui, lui aussi, a souvent dénoncé les ordres donnés aux policiers sur le terrain, va plus loin et n’hésite pas à quelques menaces à peine voilées contre le Président de la République.

Dans un tweet, le syndicat rappel que si le président veut être plus proche du peuple, ils pourront toujours obéir au fameux “qu’ils viennent me chercher” lancé par le Président de la République, et ainsi laissé passer les manifestants…

 

Le syndicat VIGI réagit lui aussi aux déclarations du procureur de la République de Paris dans un communiqué, n’hésitant pas a remettre en cause l’impartialité du Procureur de Paris.

La France a été classée par l’ONU entre le Mozambique et le Venezuela dans sa gestion du maintien de l’ordre durant le mouvement des Gilets Jaunes.

La France a également été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme le 23 mai 2019, pour l’opacité de sa Justice concernant les enquêtes visant la police qui ne sont ni rapides, ni effectives, ni impartiales.

Aujourd’hui le Procureur de Paris, Monsieur Remu HEITZ, qui a été choisi personnellement par le Président de la République Emmanuel MACRON, déclare dans une interview au Parisien, que des « policiers seront envoyés en correctionnelle ». S’il faisait preuve d’autant de diligence dans l’affaire BENALLA-MACRON, on pourrait le croire impartial et non téléguidé une fois de plus par l’Elysée.

D’ailleurs la porte-parole du gouvernement Madame Sibeth NDIAYE a confirmé que c’était une volonté politique sur LCI, en parlant d’un lien de confiance entre la population et la police. Oui cette même personne qui assume de mentir pour protéger le Président de la République.

Les dérapages et les fautes professionnelles n’ont pas été sanctionnées directement, ce qui aurait permis d’abaisser les tensions et le niveau de violence. Pire le Ministre de l’Intérieur, Christophe CASTANER, a nié ces violences illégitimes, engendrant une escalade de la violence dont les policiers ont été les premières victimes, tout en encourageant les comportements non professionnels.

Le syndicat VIGI pointe du doigt les responsabilités du Ministre de l’Intérieur, de Didier Lallemand, Préfet de Police de Paris, et de Eric Morvan, Directeur Général de la Police Nationale.

Nous invitons nos collègues à se rappeler qu’ils sont une police républicaine au service du peuple et non une milice au service du pouvoir. Le peuple n’abandonnera pas sa police, comme le montre encore les derniers sondages. Le gouvernement et la haute hiérarchie de la Police Nationale nous abandonnerons, en espérant qu’offrir notre tête en sacrifice leur permettra d’acheter la paix sociale, comme c’est déjà si souvent le cas dans certains quartiers.

Après six mois sur le pont tous les weekends, au mépris de notre santé et d’une vie familiale équilibrée, nous invitons nos collègues à penser à eux. Il est temps de protéger notre santé et d’aller voir un médecin, pour éviter l’épuisement professionnel et des bavures dû à la fatigue.

Nous invitons nos collègues à respecter les ordres du Président de la République Emmanuel MACRON, qui veut être en prise directe avec le Peuple :

« On ne peut pas être chef par beau temps et vouloir se soustraire lorsque le temps est difficile. S’ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu’ils viennent le chercher »

De quoi inquiéter le pouvoir Exécutif alors qu’il espère pouvoir enterrer le mouvement des Gilets Jaunes avant l’été.

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