Ce n’est plus un mouvement social, c’est un soulèvement populaire

Samedi 16 mars, les slogans habituels tels que “Macron démission” avaient laissé place à d’autres slogans. Habitué des manifestations et des mouvements sociaux, jamais, nous n’avions entendu une foule scander “Révolution! Révolution!”, avec une telle ferveur.

Toujours plus de réponse sécuritaire, aucune réponse politique

Alors que les propositions de l’exécutif sont axées sur la répression et l’autoritarisme, aucune réponse politique n’a été apportée pour ce qui est plus grand mouvement social que la France est connue sous la Vème République.

  • Utilisation de drones
  • Interdiction de manifester dans certains quartier
  • Utilisation de produits marquants 
  • Recours à la force systématique pour mettre fin à tous rassemblements non-déclarés ou interdits
  • Élargissement du système de vidéo-surveillance
  • recours systématique à l’Article 40 du code de procédure pénale

Ces mesures s’ajoutent à la Loi “Anticasseurs” déjà votée par le parlement.

Socialement, quelle réponse apportée par l’exécutif? Aucune.

Pourtant alors que le Grand Débat s’achève, nous apprenons que 86% des Français prônent un changement de politique économique et sociale.

Alors que près de 9 français sur 10 appellent à un changement économique et social, le gouvernement campe sur ses positions et renforce son dispositif sécuritaire. 

Un impact économique très faible contrairement à ce qu’affirmait le gouvernement

Un «impact» économique «modéré». Contrairement aux déclarations plutôt catastrophistes formulées ces derniers jours par le Medef ou encore hier matin par le ministre du Budget, Gérald Darmanin, pour qui le mouvement des gilets jaunes a détruit «plus d’emplois et de richesses que ces dix dernières années». l’Insee estime qu’il n’a pas eu de conséquences dramatiques sur l’économie française. Dans sa note de conjoncture de mars publiée ce mardi, le statisticien français explique que les blocages de ronds-points et les manifestations dans les centres-villes chaque samedi «aurait ôté environ -0,1 point au PIB du quatrième trimestre 2018». Soit à peu près ce que l’institut avait calculé (et qu’il confirme) pour l’impact des grèves SNCF et Air France sur les résultats économiques français du deuxième trimestre 2018.

Fin février, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, était donc allé un peu vite en besogne : pour lui, si le taux de croissance avait péniblement atteint 1,5% du PIB l’an dernier au lieu des +1,7% attendus, c’était à cause des gilets jaunes qui avait fait perdre 0,2 point de croissance. Même refrain entendu encore cette semaine du côté du Medef pour qui ce mouvement social pourrait coûter, sur l’année, «0,1% et 0,2% de PIB», soit «2 à 4 milliards d’euros». Ou encore chez Gérald Darmanin sur LCI, selon lequel «on aurait peut-être 1,6% ou 1,7%» de croissance cette année (au lieu de 1,4 %) «s’il n’y avait pas le mouvement des gilets jaunes».

Une purge a la Préfecture de Police de Paris

“Ce qui nous a conduit là, ce n’est pas la République des fusibles, (…), celle où l’on fait trinquer un fonctionnaire ici, un collaborateur là. On ne peut pas être chef par beau temps et se soustraire lorsque le temps est difficile.” Emmanuel Macron , Juillet 2018

Oui mais ça, c’était en juillet, aujourd’hui c’est une véritable purge qui a lieu au sein de la Préfecture de Police de Paris. 

La purge continue à la préfecture de police (PP) de Paris. Après le préfet de police, Michel Delpuech, débarqué lundi soir, deux nouvelles têtes tombent sur demande du gouvernement.

D’abord le directeur de cabinet de Michel Delpuech, le préfet Pierre Gaudin, qui vient d’être limogé sans ménagement. Selon nos informations, il lui est reproché, comme pour le préfet de police, de ne pas avoir été au courant d’une note de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), composante de la préfecture, donnant pour instruction aux policiers de limiter leur usage du lanceur de balles de défense (LBD).

Ce télégramme rappelle que cette arme, contestée pour les blessures qu’elle peut occasionner, ne doit pas « être utilisée pour le maintien de l’ordre ». Conséquence directe, un autre cadre de la PP, le patron de la DSPAP, va lui aussi être remercié. Frédéric Dupuch, directeur des services actifs de la police nationale, aurait pris l’initiative de rédiger cette note personnellement, alors que l’exécutif avait donné des consignes contraires.

La suite pour les Gilets Jaunes

Quatre mois après le début des Gilets Jaunes, le mouvement pourrait se doter d’un représentant officiel dans les prochains jours, en la personne du très populaire, François Boulo.

Cet avocat de 32 ans sera le porte-parole du mouvement. Pressentant l’unanimité des votes des membres des groupes Facebook, Éric Drouet a d’ailleurs déjà annoncé qu’un “communiqué” sera publié dans la semaine pour le nommer “représentant officiel”.

Les Gilets Jaunes ont, quant à eux,  déjà promis de “tout bloquer”, des appels à une grève générale ont été lancés, reste à savoir si les syndicats suivront ou préféreront rester au chaud dans leurs chaussons. 

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