Cachez cette misère que je ne saurais voir

En quelques semaines, le gouvernement a supprimé ou programmé la suppression de nombreux instituts, l’objectif est simple, il est préférable de cacher la misère et de fermer les yeux plutôt que de mener une véritable politique contre la misère.

L’Observatoire de la pauvreté

L’Observatoire de la pauvreté disparaîtra au 1er janvier 2020. Est-ce à dire qu’il n’y a plus de pauvreté à observer dans notre pays ? Malheureusement, non. Au contraire. Une incohérence dénoncée avec force et imagination par Nicole Ferroni.

Dans sa chronique hebdomadaire sur France Inter, l’humoriste regrette que l’on supprime cet observatoire de la pauvreté alors même que la pauvreté a encore augmenté l’an passé en France. 14,7% de la population avait un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté en 2018, selon l’Insee. Soit une augmentation de 0,6 point par rapport à 2017.

L’Observatoire de la délinquance

L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) va disparaître fin 2020 et devrait être transféré à l’Insee, a annoncé Matignon.

Pour le grand public, c’est un acronyme un peu barbare. Mais pour les acteurs de terrain et les associations, l’ONDRP ou «Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales» était une véritable mine d’or. Chaque année depuis 2007, cet organisme publiait le résultat d’une enquête intitulée « Cadre de vie et sécurité » (CVS).

A l’intérieur, on retrouvait l’ensemble des chiffres liés à la délinquance, aux sanctions pénales et aux violences exercées, comprenant, entre autres, les chiffres relatifs aux violences sexuelles commises en France. L’arrêt de cette étude inquiète plusieurs associations de lutte contre les violences faites aux femmes.

La mission contre les sectes

Selon nos informations, la Miviludes, qui a été crée en 2002, va disparaître au 1er janvier 2020. La direction de la Miviludes a convoqué plusieurs des membres de la mission pour leur annoncer qu’ils allaient être rattachés au ministère de l’Intérieur.

“La Miviludes va être purement et simplement dissoute au sein du ministère de l’Intérieur”, nous confirme un associatif qui collabore avec la mission interministérielle depuis de nombreuses années.

Dans un ministère régalien, un porte-parole fait état de “rumeurs de fusion ou de réorganisation qui circulent entre la Miviludes et l’Intérieur”. Georges Fenech, qui a présidé la mission de 2008 à 2012, a confirmé la fin de la Miviludes dans sa forme actuelle. “C’est une catastrophe. Cette décision est d’une conséquence terrible. Cette institution nous était enviée par le monde entier”, déclare-t-il à nos confrères de France Inter

L’institut sur la sécurité et la justice

Une décision du premier ministre raye d’un trait une institution qui, durant trente ans, a, sans que cela soit contesté par quiconque, réalisé les objectifs et les missions à l’origine de sa création. La suppression de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (Inhesj) est incompréhensible et par conséquent inacceptable.

L’Inhesj a été créé en 1989, dans l’objectif de faire de la question de la sécurité, lourde d’enjeux et de conflits dans le champ politique, un objet de connaissance constituant une base pour le débat et l’action : en bref, faire en sorte que la sécurité ne soit plus, en France, un point aveugle de l’action des pouvoirs publics.

Le Conseil National de la Protection de l’Enfance.

Créoff Michèle, Vice-Présidente du Conseil National de Protection de l’enfance, a appris que sa mission s’arrêtait. Ses fonctions prennent fin le 26 novembre 2019.

“En ce qui concerne le Conseil National de la protection de l’Enfance, nos mandats sont renouvelé pour un an (au lieu des 3 prévus par les textes), puis nous disparaîtront fin 2020. La Vice-Présidente, Creoff Michèle a appris par le Ministre qu’elle ne sera ni reconduite ni remplacée. Notre secrétaire générale retourne au Ministère de la justice. Elle ne sera pas remplacée non plus.”

LyesLouffok Membre du Conseil National de la Protection de l’Enfance.

5 Instituts de veille et de surveillance à la trappe

Alors que le pays traverse sa plus grande crise sociale depuis près d’un an, le gouvernement fait le choix de supprimer 5  instituts et observatoires d’intérêt public.

Il s’agit non pas de question budgétaire, mais bien de rendre invisible les plus démunis, bientôt on ne parlera plus des “oubliés de la République”, ni de pauvreté, ni même des chiffres des violences quotidiennes, et si personne n’en parle, c’est que ça n’existe pas…

Après une répression massive pour faire taire toute forme de contestation, on rend muet celles et ceux qui voudraient rendre public les véritables fléaux qui frappent la France.

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