25 millions de cartouches de fusil d’assaut et 40 000 grenades commandées par le ministère de l’Intérieur

Le ministère de l’Intérieur vient de commander 40.000 grenades de désencerclement sur quatre ans, auprès d’Alsetex (Le Mans) pour 1,84 million d’Euros. A cela s’ajoute 25 millions de cartouches de fusil d’assaut pour une valeur estimée à 11 millions d’Euros.

Une commande qui intrigue

Le ministère de l’Intérieur vient d’entériner de nouvelles commandes massives : 10 000 grenades de désencerclement par an sur quatre ans, qui s’ajoutent aux centaines de lanceurs de balles de défense (LBD) achetés en fin d’année dernière.En prime, la place Beauvau a acheté 25 millions de cartouches de fusils d’assaut pour les quatre prochaines années, une commande qui interpelle.

Un stock d’armes, non létales comme létales qui s’étoffe alors que le maintien de l’ordre en France n’a jamais été autant remis en question.

Le Ministère de l’Intérieur avait déjà passé commande, le 23 décembre dernier, de 1280 nouveaux « lanceurs mono-coup » type LBD, principalement pour la gendarmerie, et de 450 LBD semi-automatiques – des « lanceurs multi-coups » (LMC) pour les policiers. Alors même qu’il  vient successivement d’acheter 40 000 nouvelles grenades à main de désencerclement (GMD) à effet assourdissant, et de lancer un appel d’offres visant à acquérir, sur les quatre prochaines années, 25 millions de cartouches de fusil d’assaut pour une valeur estimée à 11 millions d’euros.

“Quantités de cartouches estimées sur 4 ans pour le Ministère de l’Intérieur: lot 1 : cartouche type M193 : 16 millions lot 2 : cartouche optimisée: 3 millions lot 3 : cartouche type SS109 : 6 millions”

Extrait de l’appel d’offre émit par le Ministère de l’Intérieur.

Des armes de guerre entre de mauvaises mains

Si dans un premier temps, des armes de guerre telles que les fusils d’assaut ont été mises en dotations de certaines unités de police ou de gendarmerie, il s’agissait d’une réponse à la menace terroriste. 

Aujourd’hui, même lors de manifestations pacifiques, les forces de l’ordre sont équipées de telles armes de guerre. Or, la plupart du temps, ces policiers ne sont pas formés à l’utilisation et au maniement d’armes de guerre. 

En juillet 2017 déjà, une note de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) faisait état de sa « réelle inquiétude » comme le rappel le site d’information Bastamag, qui a révélé l’information, 18 des 19 tirs de ces armes enregistrés sur les six premiers mois de l’année avaient été « accidentels » ou commis « par imprudence », un pourcentage qualifié d’« alarmant »« Une ou plusieurs erreurs, souvent cumulées dans les procédures de mise en sécurité, sont à l’origine des coups de feu », souligne la note, qui déplore « une méconnaissance bien plus étendue en matière de sécurité lors de la manipulation des armes », et un « défaut de maîtrise d’armes plus complexes et encombrantes » : sélecteur mis en position « rafale », chargeur non retiré, culasse bloquée à cause d’un mauvais geste, etc. Le constat était alors sans appel : « Les agents sont mal à l’aise avec ces armes. »

Pour donner un ordre d’idée, lors de l’assaut des forces de l’ordre le 18 novembre 2015 contre les terroristes présumés, entre 1500 et 5000 munitions avaient tirées alors que les forces de l’ordre avaient été contraint d’effectuer des tirs de feu nourris sans discontinuer, une situation exceptionnellement violente qui laisse songeur sur le chiffre de 25 Millions de cartouches commandées… 

Alsetex vous mutile au nom de l’ordre publique

Alsetex, qui a remporté le marché, est une entreprise qui s’est longtemps présentée comme le « leader des produits pour la gestion démocratique des foules ».

Une expression qu’elle a cessé d’utiliser depuis 2013 lorsque Bastamag avait révélé que les grenades lacrymogènes d’Alsetex faisaient partie de celles utilisées pour réprimer le printemps arabe au Bahreïn. A l’époque, des organisations indépendantes ont dénombré 43 personnes décédées au Bahreïn des suites de leur exposition aux gaz lacrymogènes, dont plusieurs nouveaux nés, enfants et personnes âgées.

Cette entreprise basée au Mans est l’un des fournisseurs “habituels” du Ministère de l’Intérieur, grenades, munitions, tout y passe, le business de la mutilation rapporte gros lorsqu’il est mis au service de l’Etat.

 

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